VILLES ET SITES FLUVIAUX

Les photos d’époque présentées ici constituent un éclairage sur les évolutions de la skyline et des modes de vie de Hô Chi Minh-Ville de la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle. Nous remercions l’Institut d’Asie Orientale pour la mise à disposition de leur fonds photographique pour les besoins de l’exposition.

Saïgon. Vue panoramique de l’arroyo chinois et le pont tournant.

Cette photo, qui date vraisemblablement des alentours de 1900, est prise de l’embouchure de l’arroyo chinois, sans doute au pied du mât des signaux. L’objectif du photographe est orienté vers l’ouest, en direction de Cholon. Le pont tournant visible au premier plan témoigne des efforts fournis sur le plan technique pour multiplier points de traversée entre les deux rives de l’arroyo chinois tout en ne compromettant pas le trafic fluvial essentiel sur cette artère. Ces ponts pouvaient pivoter afin de permettre le passage de navires trop hauts pour passer par en dessous.

1.19
© Institut d’Asie Orientale

Vue aérienne de l’arroyo chinois.

Ce cliché représente une vue aérienne de l’embouchure de l’arroyo chinois et date des années 1930-1940. Cette période est attestée par le fait qu’y figure le bâtiment de la Banque d’Indochine édifiée par l’architecte Félix Dumail entre 1924 et 1928. On y distingue le pont tournant avec, derrière, le pont « fixe » des Messageries maritimes . De manière tout à fait caractéristique, on note que la rive gauche de l’arroyo rassemble un grand nombre d’embarcations légères, contrairement à la rive droite. Une des raisons est liée au fait que la rive gauche a été urbanisée en premier et concentre de ce fait habitations et locaux à visée économique.

1.1
© Institut d’Asie Orientale.

Pont Khánh hội et pont Móng.

Vue aérienne de l’embouchure de l’arroyo chinois prise par Raymond Cauchetier en 1955. On constate qu’en dépit d’une certaine modernisation (édifications des entrepôts Bastos à gauche et remplacement de l’ancien pont tournant par un nouveau) la structuration de l’espace demeure la même qu’au début du XXe siècle avec, d’une part une large appropriation de l’espace aquatiques touchant les berges par les sampaniers et d’autre part, la mise en valeur de l’espace terrestre adjacent par la création d’une voie de communication routière et un bâti largement orienté vers l’activité économique (hangars, bâtiments financiers,…). L’arroyo garde encore à cette époque son rôle de cordon ombilical entre Cholon et Saigon.

1.2
© Institut d’Asie Orientale.

Saïgon : l’Arroyo Chinois et ses maisons traditionnelles.

Cette photo, prise en 1866 par Emile Gsell aux premiers temps de la colonisation française, montre l’aspect qu’avaient les canaux de Saigon avant leur urbanisation progressive. Des paillotes semilacustres cohabitent avec des embarcations de transport.

1.3
© Institut d’Asie Orientale.

Un Coin d’Arroyo à Cholon.

Cette photographie de Georges Victor Planté remonte au début du XXe siècle (1906), et montre l’état des arroyos en l’absence de toute urbanisation. Ils n’en sont pas pour autant dénués de tout peuplement comme en témoigne l’édification d’un habitat semi-lacustre formé de maisons construites en matière végétale. L’activité économique de ces populations devait être largement orientée vers l’exploitation des ressources aquatiques, notamment la pêche, mise en évidence de la deuxième fonction économique de l’arroyo.

1.4
© Institut d’Asie Orientale.

Cochinchine. Cholon. Vue de l’Arroyo chinois.

Cliché non daté (1900-1910) du célèbre photographe Poujade de Ladeveze. Il est difficile de situer le lieu exact de la prise de vue bien que l’urbanisation plus grande du côté gauche laisse penser que le liché est pris en direction de l’embouchure de l’arroyo. La photo met en évidence la traditionnelle appropriation de l’espace aquatique par la population semi-lacustre. Parmi les sampans à usage d’habitation, toujours situés à proximité immédiate de la berge, certains se caractérisent par leur dôme arrondi. A un deuxième niveau d’agrégation, on remarque les barges de transport de céréales, plus larges, à vocation commerciale et non d’habitation. Comme sur l’eau, les espaces terrestres, sur la berge, apparaissent clairement spécialisés. On note au premier plan la présence de plusieurs petits hangars de stockage ainsi que de nombreux saces de céréales entreposés en plein air. Un peu plus loin se situent des immeubles d’habitation d’un ou deux étages. Dans une gestion « économique » de l’espace, il apparaît normal que la proximité immédiate de l’arroyo soit réservée aux hangars.

1.5
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon : l’Arroyo Chinois.

Cette photo, prise en 1909, est issue de la collection de F. Drouhet, maire de Cholon. Le cliché représente une portion aménagée de l’arroyo. Des quais ont été construits le long des berges et sont bordés de multiples entrepôts. On ne voit, comme navires, que les barges de transport utilisées pour acheminer les céréales, principalement du paddy, de Cholon vers le port de Saigon situé à l’embouchure de l’arroyo.

1.6
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon. Aménagement des berges au niveau des rizières.

Cette photo, prise vers les années 1910 présente l’aménagement des berges au niveau des rizeries importantes de Cholon. Ce processus était rendu indispensable par l’accroissement de la taille des barges de transport et la nécessite d’optimiser le temps de déchargement du paddy et de chargement du riz décortiqué.

1.7
© Institut d’Asie Orientale.

Une flotte de jonques.

Cliché difficilement datable (1900-1919) pris au niveau de la rive gauche, en direction de l’embouchure. On distingue au loin, sur la gauche du cliché, le mât des signaux et, au deuxième plan, le pont des Messageries maritimes. Cette photo est tout à fait révélatrice de l’appropriation par les habitants pauvres et dépendant économiquement de l’arroyo d’une frange de l’espace aquatique transformé, de fait, en zone d’habitat semi-lacustre. Aux « bateaux-maisons » sont accolés des bateaux à usage de navigation tel celui qui apparaît à l’extrême-droite du cliché.

1.8
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon : les berges de l’Arroyo Chinois.

Ce cliché, non daté et remontant probablement aux années 1910-1920 montre de manière saisissante la diversité des habitats et des modes de transports sur l’arroyo. Sur la rive se succèdent maisons et entrepôts, tandis que les abords immédiats de la berge abritent les bateauxmaisons. Comme toujours, le centre de la rivière est réservé aux embarcations navigantes qui vont de la simple barque à la barge de transport de marchandise.

1.9
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon. Vue de l’Arroyo Chinois.

Vue de l’arroyo chinois vers Cholon remontant probablement aux années 1940-1950. Cette photo colorisée présente de manière spectaculaire l’empiètement de l’habitat semi-lacustre sur l’espace fluvial illustrant la double fonction de la rivière, espace de vie et espace économique. On remarque de très nombreux « bateauxmaisons » « sédentaires » et, au milieu de de la rivière, d’autres embarcations destinées à la navigation et au transport des personnes et des marchandises.

1.10
© Institut d’Asie Orientale.

Le tramway le long de l’Arroyo Chinois

Ce cliché de Nadal, non daté mais remontant sans doute aux années 1920, est pris en amont du pont des Malabars. Il met en évidence le début de l’évolution qui va se poursuivre tout le long du XXe siècle et mettre un terme irréversible à la fonction de l’arroyo comme principal vecteur des flux économiques et humains entre Saigon et Cholon. La construction du tramway sera le prélude de la reconfiguration progressive des berges qui, de voie étroite et difficilement carrossable dans la deuxième moitié du XIXe siècle deviendront les voies rapides qui permettent aujourd’hui de joindre aisément l’ouest à l’est de Hô Chi Minh-Ville.

1.11
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon – arroyo chinois.

Ce cliché, pris vers la fin des années 1950 et difficile à situer, montre la permanence de l’utilisation de l’espace aquatique jouxtant la berge de l’arroyo à des fins d’habitat semi-lacustre. Sur cette étroite bande semble se concentrer une population aux conditions de vie très précaire. Il ne s’agit plus de populations dont la survie dépend de leur activité économique sur l’arroyo (on ne note d’ailleurs pas la présence d’embarcations) mais de populations rejetées aux marges d’une cité dont la rivière n’est plus le principal poumon. L’habitat n’est pas formé de bateaux-maisons » mais de masures construites avec des matériaux de récupération (bois et tôles ondulées). Là encore, on peut noter une forme de hiérarchisation dans l’occupation de l’’espace terrestre adjacent à l’arroyo avec un premier niveau correspondant à une bande semi-aquatique réservée aux plus pauvres et un deuxième niveau où coexistent des maisons de type villa et de petits immeubles.

1.12
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon. L’arroyo chinois à Binhtay

Ce cliché, non daté mais remontant vraisemblablement au début du Xxe siècle, est particulièrement intéressant car il représente un canal affluent de l’arroyo longeant la partie de Cholon où sera édifiée quelques années plus tard le marché Binh Tay. Ce canal se nomme aujourd’hui Rạch Bãi Sậy. On remarque l’absence, sur cette portion, de « bateauxmaisons » et l’omniprésence des barges de transport de céréales. Les cheminées et les nombreux hangars laissent deviner que l’on se situe dans une zone d’usine et d’entrepôts.

1.13
© Institut d’Asie Orientale.

Cholon. Canal Bonnard.

Cette photo non datée mais qui remonte vraisemblablement aux années 1940-1950, montre une portion du canal Bonnard (Rạch Bãi Sậy). On distingue au premier et deuxième plan les passerelles permettant le franchissement du canal ainsi que le célèbre pont à trois branches. En dépit de l’étroitesse du cours d’eau, on note l’appropriation « sédentaire » des espaces proches des berges et l’édification d’un habitat semi-lacustre. Contrairement à la partie d l’arroyo située en aval, le canal n’est pas quasi exclusivement bordé de bâtiment à usage commercial (hangars) mais on note également la présence de nombreuses maisons d’habitations. Cette densification urbaine est liée au fait que le canal se situe au cœur du quartier de Cholon et non en bordure comme l’arroyo.

1.14
© Institut d’Asie Orientale.

Saïgon : le port de guerre sur la rivière.

Sur ce cliché, pris par le photographe Emile Gsell en 1866, on distingue le mât des signaux sur la gauche et la rivière de Saigon. On en est encore à cette période aux prémices de l’installation française et les installations portuaires apparaissent encore peu développées.

1.15
© Institut d’Asie Orientale.

Saïgon : le port et des bâtiments coloniaux.

Cette photo d’Emile Gsell montre les premiers travaux d’aménagement portuaires sur la rivière de Saigon. Au fil des années deux ports distincts seront édifiées, l’un réservé aux navires militaires et l’autre, proche de l’embouchure de l’arroyo chinois, destiné aux activités marchandes et à l’accueil des paquebots.

1.16
© Institut d’Asie Orientale.

Vue aérienne du port de Saigon

Ce cliché de Raymond Cauchetier pris en 1955 fait apparaître de manière saisissante la vocation maritime de Saigon. Au premier plan apparaît le port militaire encore occupé à cette époque par les navires de la marine française tandis que l’activité portuaire civile et marchande se développe un peu plus en aval. On distingue au loin, au niveau de l’embouchure de l’arroyo chinois marquée par l’emblématique bâtiment des Messageries maritimes, les imposants hangars du port marchand.

1.17
© Institut d’Asie Orientale.

Canal Thị Nghè.

Ce cliché de Raymond Cauchetier datant de 1955 met en évidence une autre forme d’utilisation de l’espace adjacent aux cours d’eau. Il n’existe pas, au niveau du canal Thị Nghè (ancien arroyo de l’Avalanche) d’activité économique semblable à celle qui s’est développée sur l’arroyo chinois. L’absence d’embarcation est sur ce point significative. Le bâti est exclusivement formé de petites maisons d’habitation dont l’orientation principale se tourne vers les rues et ruelles et non vers l’eau.

1.18
© Institut d’Asie Orientale.


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